Les pentacles de l'abbé Julio

 

Abbe 1Mgr Julien-Ernest Houssay

Actuellement, les reliques de l'abbé Julio
se trouvent sous la garde de mon évêque consécrateur,
Mgr Joseph Koziara,
dans le sud-ouest de la France.

 

PAR
PAUL DAVILA

 Il est éffarant de constater la somme d'aberrations publiées dans l’internet - et même au sein de certaines maisons d'édition - à propos des pentacles de Mgr Julien-Ernest Houssay. Les uns utilisent son célèbre portrait comme un logo commercial; les autres affirment qu'ils sont au bénéfice de la succession apostolique remontant à l'abbé... comme si cela leur octroyait une "puissance supérieure". – Et ceux qui s'en réclament, guérisseurs, évêques gallicans, etc., gardent un silence bien consternant sur les pentacles (pas assez "catholiques" pour être considérés). On comprend bien pourquoi ces derniers ne retiennent, de la vie et de la doctrine origéniste de Julio, que ce qui les arrange...

Aigle de Saint Jean.jpgJulio n'était ni mage, ni sorcier, ni affublé de titres honorifiques et autres grades initiatiques. Gallican, comme le disent certains? Lui-même ne s'est jamais déclaré tel
. Il ne publia pas non plus des rituels de sorcellerie, comme le prétendent passablement d'agents (à la solde vaticane) dans l'internet; la sorcellerie et la magie noire, Julio les a combattues sans fléchir, de même qu'il a combattu l'injustice sociale ou la franc-maçonnerie, sans oublier les scandales au sein de l'Eglise catholique.

Notre homme était guérisseur, à l'instar de Jean Sempé de Vincennes, son instructeur et thaumaturge dans le meilleur sens du mot. Des erreurs d'appréciation et de vision, il en fit, certes – en commençant par sa vision erronée du saint Rosaire et ses fanfaronnades sur le rôle de la vie monastique. Mais Julio était homme, et comme plus d'un, il commit dans sa vie des erreurs de jugement et d'analyse. Sa critique malheureuse du saint Rosaire, qui précède le texte de bénédiction d'un chapelet (traduit du latin par ses soins), n'infirme en rien l'amour filial qu'il témoigne à la Très Sainte Vierge par ailleurs. Et il eût suffi que n'importe quel évêque de France l'appelât à l'aide par le truchement de son ministère d'exorciste, qu'il lui eût prêté main forte sans la moindre hésitation. Mais ces derniers, au contraire, rendirent sa vie tellement impossible (tout en l'ensevelissant sous les menaces) que Julio dût quitter le magistère romain.

 

Abbe Julio signature

Signature de Mgr Julien-Ernest Houssay dans un exemplaire daté de 1908, appartenant à Mgr Joseph Koziara.
A gauche, sa devise épiscopale, sous forme d'avertissement:
«NIL OCCULTUM QUOD NON SCIETUR»
(rien de ce qui est caché ne manquera d'être révélé»).

 

Dans les faits,  la volonté dont faisait preuve l'abbé Julio de se porter (concrètement!) au secours de son prochain, de soutenir et d'aider les miséreux, les souffrants et les malades, d'offrir les armes spirituelles de nos Pères dans la foi à tout un chacun (et non seulement à une élite), sans oublier son amour pour la messe traditionnelle (tridentine), était bien réel; c'est à corps perdu qu'il se jeta dans le combat contre ceux qui s'échinaient à détruire l'Eglise, en lui ôtant ses meilleures armes (exorcismes) et sa puissance de guérison des âmes et des corps (prière). C'est donc cela qu'il faut retenir, et lui laisser; et non les quelques-uns de ses pentacles au symbolisme douteux, ni ses critiques (méritées) de la papauté, ni les quelques passages, rarissimes, où il se fourvoie malgré lui.

La doctrine de l'abbé Julio est-elle hérétique? Non, elle est tout simplement origéniste. Et Origène fut déclaré docteur de l'Eglise. Dans ce choix de 44 pentacles principaux, ne trouve-t-on pas aussi la médaille de saint Benoît, en vente dans toutes les boutiques catholiques? N'y trouve-t-on pas le monogramme du Christ, et le signe de Marie, révélé à la voyante de la Rue du Bac, à Paris? Et en quoi le signe de l'archange Gabriel serait-il plus hérétique que le signe de Marie venu de la Rue du Bac? Les scapulaires de protection et de bénédiction, révélés à la stigmatisée Marie-Julie Jahenny, que l'on porte sur soi ou que l'on expose dans sa demeure, que sont-ils, sinon des pentacles?...

Abb-Julio.jpgErnest Houssay était prêtre: quelqu'un dont la mission est puisée dans l'Evangile de Jésus-Christ. Son amour et sa confiance en Jésus, sa ferveur catholique, étaient évidents – sans parler de son amour paternel pour "les bons prêtres". De nos jours, tous les mouvements gallicans (et bien d'autres) se réclament de son personnage, et utilisent bien souvent son nom en usant de stratégies commerciales, alors que notre abbé ne s'est jamais déclaré "gallican" lui-même, ni même tracé une seule fois ce mot dans le millier de pages qui constituent ses cinq ouvrages publiés à compte d'auteur.

Julio était un religieux et un fort-en-gueule bien gaulois, ayant dénoncé plus d'un scandale et plus d'une abomination au sein du clergé. Ayant refusé les pots de vin destinés à le faire taire – car il avait de l'érudition, de l'audace et du charisme, et il était un médaillé de la guerre contre la Prusse, aussi lui offrit-on de belles paroisses à la Capitale – on l'expédia finalement en campagne profonde... souhaitant qu'il y demeure (et meure) dans l'anonymat. Alors que, pensez, les mêmes détracteurs qui, du haut de leur crétinisme politiquement correct le qualifient aujourd'hui de "petit curé de campagne" (lu dans l'internet! comme si de travailler en campagne empêchait la justesse de pensée!), n'auraient jamais eu le dixième du courage qu'eût notre abbé durant la guerre, en sauvant de la mort certaine des centaines de soldats français.
 

 Un pentacle est un support de la vie spirituelle et matérielle.

Et il est un outil spirituel, au même titre que le sont certaines médailles ou images dites pieuses. 

PentacleOn pourrait se demander pourquoi on ne critique jamais les médailles représentant des saints ou des saintes, les Coeurs sacrés de Jésus et de Marie, mais toujours les pentacles publiés par Mgr Houssay... dans des livres aux prières on ne peut plus catholiques. Et j'ai bien écrit "publiés", car il ne les a pas inventés lui-même, notre brave abbé. Outre leur symbolique encodée, ils sont des objets religieux de protection en tout domaine – en même temps que des "antennes de réception". Correctement choisis, consacrés et préparés ils sont, selon les cas, une bénédiction perpétuelle ou une protection constante, ou encore une invocation à répétition émanant de leur porteurs à l'intention de Dieu



«Souviens-toi que ces images sont sans effet si elles ne sont pas vivifiées par une force qui les pénètre et les rend efficaces... Cet arcane (ce savoir) n'est pas en la possession d'un artisan à l'esprit épais qui ne peut donner ce qu'il n'a pas.»
– CORNELIUS AGRIPPA*


• Un pentacle n'a rien à voir avec une amulette, ou un talisman, mais il fait appel à la Révélation telle qu'elle figure dans les saintes Ecritures. Ses vertus ne viennent donc pas de lui-même en tant qu'objet (cf. magie naturelle), mais du domaine spirituel (magie divine). De même, le pouvoir d'une médaille de la Sainte Vierge Marie ne vient pas de lui-même en tant qu'objet (le métal lui-même n'a aucune importance): il vient de Celle que cet objet représente, et avec qui – par certains rituels religieux, c'est à dire de magie divine –  il nous met "en contact".


Un pentacle est donc un outil spirituel qui n'a rien à faire avec les méthodes de sorcellerie.

Tout ce qui figure Abb-Julio_Calice-et-Colombe.jpgsur ces pentacles s'enracine dans la Révélation: extraits de psaumes, symboles bibliques et évangéliques, et ainsi de suite. Leur langage est celui de l'hermétisme chrétien. Mais ils resteront inefficaces, s’ils n’ont pas été correctement bénis et consacrés par une messe spécifique, traditionnelle, célébrée exclusivement à l'intention de son destinataire, et ce par un prêtre lui-même ordonné selon les anciens rituels de l'Eglise.

Un pentacle est d'abord purifié par l'eau bénite, puis par le feu des bougies d'autel, puis il est passé longuement par la fumée de l'encensoir (dégagée par un mélange résineux précis). Il est ensuite béni nominativement et en latin (c. à d. exclusivement pour une personne donnée), avant d'être consacré par une messe précise, durant laquelle l'officiant exerce encore certaines actions rituéliques sur lui. Après cette messe traditionnelle, le pouvoir du pentacle est "scellé", puis magnifié, en lui adjoignant une goutte d'huile consacrée (on peut aussi utiliser un condensateur fluidique).  Un pentacle n’est donc pas un "gri-gri"; malgré son apparence anodine, il opérera sans répit, soit sur son porteur, soit parce qu'il aura été placé sous cadre en certains endroits d'une habitation... et ceci pour un temps donné. – Si vous le profanez, p.ex. en le jetant à la poubelle, vous aurez votre récompense; donc SVP retenez bien tout ceci et, par ailleurs, faites attention à qui vous vous adressez pour faire consacrer vos pentacles. L'abbé Julio a déjà mis en garde les fidèles contre les "bénédictions" de certains prêtres: «(...) si l'on savait ce que certains de ces curés y plantent, dans les objets et les gens, on serait effaré».

Il nous semble utile et important ici de préciser qu'il n'est point vrai qu'un pentacle se doit d'être "peint à la main" afin d'être opératif et pleinement efficace. Pensez-vous que Julio peignait ces pentacles à la main? Ce qui compte, c'est la justesse des inscriptions, puis la  consécration faite par un vrai prêtre dont la foi n'a point défailli.

Chiffre marie«Pour qu'un pentacle soit efficace, c'est à dire pour qu'il conduise et prévienne, il est nécessaire que les souhaits du requérant soient légitimes, afin qu'ils n'aient rien contre la science et la sagesse.»
– ETTEILA*


*Les citations d'Agrippa et d'Etteila sont  tirées de l'ouvrage de Paul Sanda, "Haute Magie des Pentacles de l'Abbé Julio", éd. Trajectoire

 

earthclr.gif

 paul.davila@gmx.ch 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×